La profondeur de champ : comprendre l'ouverture | quatresous.fr
Les bases de la photographie,  Photographie culinaire

La profondeur de champ I : l’ouverture

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Voici le premier d’une série de trois articles sur un sujet sur lequel je vois de nombreuses questions : la profondeur de champ. Ou, pour simplifier, le “flou d’arrière-plan”, même si, en réalité, la profondeur de champ désigne la zone de netteté présente dans l’image, et pas directement la quantité de flou qui s’y trouve.

Lorsque l’on débute en photographie, y compris culinaire, il est fréquent de se demander comment faire pour obtenir un joli arrière-plan flou (aussi appelé bokeh) qui met en valeur le sujet tout en gardant ce sujet suffisamment net. Et même lorsque l’on pratique la photographie depuis un moment, il est toujours intéressant de savoir comment obtenir une profondeur de champ adaptée au sujet que l’on traite et à notre vision.

Contrairement à ce que l’on peut lire parfois, la profondeur de champ ne dépend pas d’une seule variable ! Mais au contraire de plusieurs, comprenant entre autres les trois grandes variables que je traiterai dans cette série d’articles. Celle sur laquelle je me penche aujourd’hui, à savoir l’ouverture, est la plus évidente, et c’est celle qui est le plus souvent mentionnée dans les articles traitant du sujet.

La profondeur de champ : définition

Commençons par la base ! La profondeur de champ, concrètement, qu’est-ce que c’est ? Et bien tout d’abord, non, la profondeur de champ n’est pas directement liée au flou d’arrière-plan. En réalité, elle désigne la zone de netteté qui est considérée par l’œil comme suffisamment nette.

Si l’on parle – un peu à tort – de petite ou de grande profondeur de champ lorsque l’on veut désigner la quantité de flou d’arrière-plan d’une image, c’est simplement parce que c’est uniquement grâce à la taille de la profondeur de champ (= la zone de netteté) que l’on influe sur la quantité de flou dans une image.

Ainsi, un beau flou d’arrière-plan s’obtient avec une petite profondeur de champ : plus la zone nette de l’image est petite, plus il y a de flou. Et au contraire, on peut diminuer fortement le flou d’arrière-plan grâce à une grande profondeur de champ : plus la zone nette de l’image est importante, moins il y a de flou.

En clair, cette série d’articles vise à vous aider à obtenir un sujet “suffisamment” net et un arrière-plan “suffisamment” flou selon vos propres standards et suivant la photo que vous souhaitez réaliser.

La profondeur de champ : comprendre l'ouverture | quatresous.fr
Ouverture : f/5.6. La profondeur de champ (= zone de netteté) est faible et l'arrière-plan est flou.
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Ouverture : f/20. La profondeur de champ est grande et l'arrière-plan est beaucoup plus net.

Qu'est-ce que l'ouverture ?

L’une des variables les plus importantes pour influer sur la profondeur de champ est l’ouverture. Concrètement, le terme ouverture désigne le diamètre d’ouverture du diaphragme d’un objectif photo.

Le diaphragme, c’est un ensemble de lamelles métalliques qui s’ouvre et qui se ferme en fonction des réglages choisis. Il est possible de régler ce diamètre manuellement sur tous les appareils photo possédant des objectifs interchangeables. Ce réglage est parfois présent sur certains smartphones mais l’ouverture est alors simulée, ces appareils ne possédent pas d’objectif et par conséquent pas de diaphragme.

Le diamètre d’ouverture est désigné sous la forme f/x. La valeur de x dépend principalement de l’objectif utilisé. Par exemple, mon objectif 50 mm possède une ouverture allant de f/1.4 à f/16 et mon 105 mm une ouverture de f/2.8 à f/32.

  • Plus le nombre x est petit, plus la profondeur de champ (= zone de netteté) est petite.
  • Plus le nombre x est grand, plus la profondeur de champ est grande.

Jusque là tout va bien, c’est logique. Oui mais… Vous entendrez parler parler de petite et de grande ouverture. Et là, c’est le contraire !

  • Plus le nombre x est petit, plus l’ouverture est grande.
  • Plus le nombre x est grand, plus l’ouverture est petite.

Pour comprendre comment cela fonctionne dans la pratique, il suffit d’observer le diaphragme d’un objectif lorsque l’on choisit un petit ou un grand nombre x. Si vous choisissez par exemple une ouverture de f/1.6, vous verrez que le diaphragme est très ouvert et laisse entrer beaucoup de lumière. Si au contraire vous choisissez une valeur de f/22, le diaphragme aura la taille d’une tête d’épingle et laissera entrer très peu de lumière.

J’arrête ici les explications techniques, car aller plus loin ne présente pas un très grand intérêt pour la pratique de la photographie (et ça fait déjà pas mal de choses à digérer) !

aperture-378361_1280(1)
Grande ouverte du diaphragme à f/2.8
aperture-378362_1280(1)
Petite ouverture du diaphragme à f/16

Comment régler l'ouverture ?

En utilisant l’un des deux modes de votre appareil photo qui permettent de modifier ce réglage : le mode Priorité à l’ouverture ou le mode Manuel. Il vous suffit ensuite d’actionner la molette adaptée (dont l’emplacement varie en fonction des marques et des modèles) pour sélectionner la valeur f/x de votre choix.

Pour savoir comment choisir l’un de ces deux modes et connaître l’emplacement de la molette, je vous invite à consulter le manuel de votre appareil photo. Si votre smartphone vous permet de choisir une ouverture, vous trouverez ce réglage dans les options de l’appareil photo.

Quelle est l'ouverture idéale ?

Il n’y a pas de réponse toute faite ! Une petite ouverture (= une grande profondeur de champ et donc une grande zone de netteté) est en générale adaptée pour la photographie de paysage ou d’architecture car il est souhaitable que tous les éléments de l’image soient nets. Une grande ouverture peut être indiqué dans la photographie de portrait ou de produit (objets de marque, photographie culinaire), pour mettre en valeur le sujet et le détacher de l’arrière-plan.

Mais il ne faut pas oublier que la photographie n’est pas seulement une activité technique, mais aussi (et surtout) une activité artistique. Il peut être intéressant d’utiliser une ouverture plus grande (par exemple f/3.5) pour mettre en avant un détail d’architecture, ou une petite ouverture (par exemple f/16) pour mettre en valeur tous les éléments qui composent une nature morte. L’ouverture idéale, c’est à vous de la choisir en fonction de votre sujet et du projet que vous avez en tête.

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Vue de face, f/5
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Vue de 3/4, f/6.3
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Vue du dessus, f/6.3

L'ouverture en photographie culinaire

En photographie culinaire, c’est généralement une ouverture grande à moyenne qui est utilisée. Cela permet au sujet de bien se détacher de l’arrière-plan et d’être mis en valeur. Ce n’est cependant pas une règle absolue : certains photographes culinaires préfèrent les petites ouvertures, pour que tous les éléments de leur mise en scène soient nets, à la manière d’une nature morte. C’est par exemple le cas de Ros @her_dark-materials.

Pour vous aider à y voir plus clair, voici quelques suggestions d’ouverture en fonction du sujet et de l’angle de prise de vue (l’angle de votre appareil photo par rapport au sujet) :

  • Vue de face (0° à 15°) : de f/1.4 à f/6.3. Le sujet est vu de face, il est donc entièrement net, même avec une grande ouverture, puisqu’il est entièrement contenu dans la “bande” imaginaire de la zone de netteté. C’est un angle intéressant pour réaliser un bokeh créatif : les guirlandes lumineuses se transforment en ronds de lumière, les gouttes d’eau en taches de différentes tailles…
  • Vue de 3/4 (45° environ) : de f/5 à f/8, toujours en fonction du sujet : pour être net, un plat ou une assiette aura besoin d’une ouverture plus petite qu’un muffin ou un biscuit.
  • Vue du dessus (90°) : de f/4 à f/11, suivant la hauteur du sujet. Si vous photographiez le dessus d’un pot de confiture ou d’un verre haut à f/5, l’arrière-plan sera flou, et cela peut donner un effet artistique intéressant. Mais vous pouvez aussi vouloir que l’arrière-plan soit net, et dans ce cas, il faut choisir une ouverture plus petite qui permettra à l’ensemble des objets de la scène d’être nets. Une ouverture entre f/6.3 ou f/8 donnera un très bon résultat dans 90% des cas.

Bien sur ces échelles sont là à dire indicatif et n’ont pas à être suivies à la lettre ! Mais elles peuvent être un début si vous êtes un peu perdu, car ce sont les ouvertures que l’on retrouve le plus fréquemment chez de nombreux photographes culinaires de talent : Julia @my_yummy_pics (vues de 3/4 à f/5), Roberta @healthylittlecravings (vues du dessus à f/7.1) et bien d’autres ! Avec la pratique, vous trouverez rapidement l’ouverture adaptée à chaque situation.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser en commentaire et j’y répondrai avec plaisir !

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